Uit een interview met de Franse schrijver Jean Echenoz, toegevoegd aan “Je m’en vais”

Etre publié, justement… Il y a toujours un côté un peu mystérieux dans l’édition. Comment se passent les premiers contacts avec un éditeur? Comment se fait-on publier?

C’est très simple. On envoie son manuscrit, par la poste, à un éditeur. L’éditeur refuse… alors on envoie à un autre éditeur, qui refuse et ainsi de suite… Ca peut durer un certain temps. (…) J’ai fait l’impasse sur Minuit, je l’ai envoyé à beaucoup d’éditeurs. J’envoyais mes manuscrits par grappe de cinq, Gallimard, Le Seuil, Flammarion… Tous les éditeurs y sont passés… Quand je recevais des réponses négatives, ce qui était systématiquement le cas, j’envoyais cinq autres manuscrits, à des éditeurs de plus en plus petits. A la fin, j’ai eu une très belle collection de lettres de refus, et je me suis dit: “Tant qu’ à faire, autant l’envoyer à Minuit, comme ça j’aurai la collection complète.” alors que les autres éditeurs mettaient trois mois à dire non, eux m’ont proposé un contrat tout de suite, le lendemain ou le surlendemain. Ca s’est donc passé par la poste, ce qui étonne toujours les gens qui sont persuadés qu’il faut connaître du monde.

Nous avons beaucoup parlé du métier de l’écrivain, de son travail et de ses difficultés. Au-delà du métier, il y a une volonté, un besoin d’écrire… Qu’est-ce qui vous motive, qu’est-ce qui suscite cette volonté? Bref, pourquoi écrivez-vous?

Parce que j’ai toujours voulu faire ça. Depuis mon enfance. Parce que j’aime ça. Parce que rien ne m’excite autant, rien ne m’émeut autant, rien non plus ne me déprime ni ne m’angoisse autant. Parce que c’est là en permanence, parce que ça a toujours été un souci, un souci et un désir. Ca fait partie de ma vie, de façon extrêmement intime, à tel point d’ailleurs que ça a sans doute impliqué un mode de vie, des choix – sociaux, familiaux, etc. – que je n’aurais peut-être pas faits sinon. De toute façon, je ne me verrais pas faire un autre métier.

Est-ce que vous cherchez, dans vos livres, à faire passer des messages?

Je ne crois pas que ce soit ma vocation première. Ma vocation, mon désir, ‘est de fabriquer de petites machines. De fabriquer des romans comme des machines. Pour moi, la mécanique et l’esthétique sont plus importants que le message. Je ne suis pas fait pour ça, pour formuler des htéories, du moins je ne pense pas. Sinon, j’écrirais des essais.

Alors, qu’est-ce qui doit rester? Qu’est-ce qe’un roman doit, selon vous, susciter chez un lecteur?

L’émotion, peut-être. L’émotion et le plaisir, je trouve que ce n’est déjà pas mal…

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